Cher journal intime : dernière entrée au journal du directeur de la traduction, en 2017.

(Myles Leitch, notre directeur du Service de la traduction biblique, parle des réalisations de la Société biblique canadienne en matière de traduction biblique, dans cette entrée humoristique et pleine d’esprit.)

 

Cher journal en délire,

Suis-je satisfait de mon travail comme directeur du Service de la traduction biblique, chez la SBC ? Les gens me voient assis à mon bureau, à brasser du papier ou à répondre à des courriels.

Que dire du fait d’avoir accueilli, en compagnie de collègues formidables, le tout premier congrès sur la traduction biblique en langues inuites ? Nous avons invité des traducteurs de la Bible en langues inuites qui œuvrent du Groenland jusqu’à l’Alaska. Une période de réjouissance et d’apprentissage : Suzie, de Kugluktuk, pétillante de joie devant ce rassemblement ; des gens qui parlaient en langues inuites à longueur de journée ; un exercice de fondement qui n’a pas engendré de portion particulière des Saintes Écritures et qui a coûté très cher.

Le Conseil de la SBC avait-il une vision en finançant cet événement, même en l’absence de résultats concrets ? Absolument ! Les membres du Conseil ont compris et fêté avec nous pour mettre en évidence la traduction de la Bible dans l’Arctique. Cela sentait bon, comme l’air froid et limpide de l’Arctique, comme de la fourrure de castor à moins 30 degrés Celsius ! C’était important pour notre marque, pour démontrer notre philosophie consistant à appuyer les peuples autochtones dans leur lutte pour la justice et la paix, et pour CETTE LUMIÈRE QUI EST LA VÉRITABLE LUMIÈRE, QUI, EN VENANT DANS LE MONDE, ÉCLAIRE TOUT HOMME.

Et l’initiative de traduction en inupiaq, en Alaska ? D’aucuns ont dit : « Pourquoi la Société biblique canadienne irait-elle travailler en Alaska, aux É.-U. ? Nous sommes la Société biblique canadienne, pas vrai ? » Des questions du genre. En fait, nous nous occupons de nombreuses initiatives partout dans le monde, mais celle-ci est différente, en ce que nous avons conçu et gérons une initiative internationale.

Cher journal débraillé, c’est vraiment formidable, de solides partenaires américains faisant la queue pour y participer. La SBC et l’organisme Seed Company fournissent l’expertise en matière de traduction et de gestion de l’initiative. Le groupe Faith Comes by Hearing planifie l’enregistrement de la Bible au complet au fur et à mesure que des segments sont disponibles. Deux organismes inupiaqs locaux de l’Alaska fournissent un financement considérable et de l’expertise locale en administration de projet. L’initiative de traduction en inupiaq nous a donc permis de rompre la glace, de sorte que nous pourrons diriger et contribuer à d’autres initiatives de traduction biblique à l’étranger, si on nous le demande. Rompre la glace au nord du cercle arctique… bonne blague, pas vrai ?

De dire les traducteurs de Barrow, à North Slope en Alaska : « Nous n’avions aucun soutien, nous travaillions seuls, quand la Société biblique canadienne est venue nous demander si nous voulions un coup de pouce. Nous sommes reconnaissants de ces gens-là ! » Je raffole de cette initiative ! Nous avons des objectifs grands et audacieux (la Bible au complet, en formats imprimé, audio et numérique, d’ici 2024). L’échéancier est serré, 14 bons traducteurs et traductrices travaillant en trois équipes, en deux endroits différents, pleins de bénévoles, une appropriation locale incroyable. Cela suppose un énorme travail de planification et de coordination.

L’hiver est terriblement froid à Barrow, en Alaska, ce qui signifie de l’aventure. Cher et terne journal, tu devrais VRAIMENT essayer le ragoût de caribou, la graisse de baleine, le poisson cru, les intestins de phoque frits et la soupe à l’oie ! La vraie affaire, et nos amis Inuits aiment blaguer et nous faire rire !

Cher journal poussiéreux et écorné, ce fut une année formidable pour l’équipe de traduction biblique de la SBC, une année remplie de nouveaux liens, de nouvelles démarches et de dur travail. Par froid glacial ou sous une chaleur écrasante.

Sans compter l’initiative audacieuse de révision de la Bible en pendjabi qui se prépare en Alberta, ni la toute petite initiative de traduction de la Bible en inuinnaqtun qui mijote à Kugluktuk, au Nunavut.

Joyeux Noël, et que la paix de Dieu repose sur toi, mon journal, et sur tous ceux et celles qui te liront.

Myles

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À propos de l'auteur : 

Myles Leitch est directeur du Service de la traduction biblique chez la SBC. Il possède de l’expérience en tant que linguiste-théoricien professionnel et à titre de professeur au collège universitaire et séminaire Tyndale, où il était avant de se joindre à la Société biblique canadienne. Il a également travaillé à titre de conseiller linguistique et de directeur local au sein de Wycliffe-SIL, en Afrique francophone, pendant 20 ans.