Où, dans la Bible, dit-on que Jésus est né le 25 décembre ?

Nativity Scene

Il n'y a pas de preuve, dans la Bible, que Jésus soit né le 25 décembre. Les premiers disciples de Jésus et les gens qui ont écrit les événements entourant sa vie et son œuvre, sur terre, ne semblent pas s’être tellement intéressés à sa date de naissance et ils ne l’ont pas notée ni fêtée. Origen, l’un des premiers Pères de l’Église (v. 185 à v. 254), a prêché contre l’idée de fêter l’anniversaire de Jésus. Il a déclaré qu’il serait mal de lui faire honneur de la même façon qu’on avait honoré des chefs politiques comme Hérode. Pour les premiers chrétiens, les anniversaires étaient des rituels païens pratiqués à l’intention de dieux païens. Si on la soulignait le moindrement, la fête de la naissance du Christ était habituellement jumelée à l’Épiphanie (le 6 janvier), l’une des premières fêtes instituées par l’Église. Les Églises d’Orient ont adopté cette date comme fête de la naissance et du baptême du Christ. L’Église arménienne poursuit cette tradition.

Les renseignements qui figurent dans la Bible, à propos de la date de naissance de Jésus, suggèrent la date la plus probable comme ayant été quelque part en septembre. Cela s’appuie sur le fait que Luc 1,26 nous dit que l’ange est venu à Marie pour lui annoncer qu’elle aurait un fils alors qu’Élisabeth était enceinte de Jean depuis six mois. Certains calculs, fondés sur le moment où le mari d’Élisabeth servait dans le temple, où il a appris la nouvelle qu’Élisabeth deviendrait enceinte, situent la date approximative de la naissance de Jean en mars et la naissance de Jésus six mois plus tard, en septembre. Cela est beaucoup plus probable quant aux événements qui sont décrits en Luc 2, comme le voyage de Marie et de Joseph jusqu’à Bethléem et la présence de bergers dans les champs en compagnie de leur troupeau, la nuit.

En Judée, on percevait habituellement les impôts pendant le festival d’automne, après la récolte de l’été. Le recensement qui a obligé Joseph à se rendre à Bethléem a très probablement eu lieu durant cette saison. Le festival amenait de nombreux pèlerins à Jérusalem et chez les municipalités avoisinantes comme Bethléem, créant ainsi la situation bondée qui a laissé Joseph et Marie sans hébergement approprié. Enfin, les bergers n’auraient pas été dehors dans les champs pendant le temps froid de l’hiver. En effet, on mettait normalement les moutons à l’abri à mesure que le temps se refroidissait et que la saison des pluies commençait, surtout la nuit.

Quels que soient les antécédents païens d’un grand nombre de traditions de décembre et que Jésus soit né ou non le 25 décembre, les chrétiens d’aujourd’hui peuvent racheter cette période de l’année où nos ancêtres païens fêtaient le renouveau de la lumière et reprendre l’arrivée du Nouvel An pour se concentrer sur le moment où « la Parole est la vraie lumière. En venant dans le monde, elle éclaire tous les êtres humains. »

Après que Constantin eut adopté la chrétienté comme religion officielle de l’Empire romain, les chefs de l’église, à Rome, ont décidé de fêter la naissance du Christ pendant le solstice d’hiver, pour donner un caractère chrétien aux fêtes païennes de cette période. Ils ont ainsi institué une nouvelle fête, le 25 décembre. Leurs efforts visant à amener les gens à se conformer ont en bonne partie échoué et les fêtes païennes se sont poursuivies, donnant lieu à un grand nombre des coutumes de Noël que nous acceptons avec enthousiasme aujourd’hui. Ainsi, l’idée d’échanger des cadeaux et de se réjouir provient de Saturnalia, une fête romaine ; la verdure, les lumières et la bienfaisance sont venues du Nouvel An romain ; les bûches de Noël et divers mets de réjouissance proviennent de fêtes teutoniques. Cela nous laisse aujourd’hui aux prises avec un agencement bizarre d’éléments chrétiens et païens qui caractérisent notre fête de Noël moderne.

Quels que soient les antécédents païens d’un grand nombre de traditions de décembre et que Jésus soit né ou non le 25 décembre, les chrétiens d’aujourd’hui peuvent racheter cette période de l’année où nos ancêtres païens fêtaient le renouveau de la lumière et reprendre l’arrivée du Nouvel An pour se concentrer sur le moment où « la Parole est la vraie lumière. En venant dans le monde, elle éclaire tous les êtres humains. » (Jean 1,9) Pendant cette saison, nos ancêtres païens fêtaient « Saturnalia », une période de festins, d’échange de cadeaux et d’inversion des rôles alors que les maîtres servaient leurs esclaves. À titre de disciples du Christ, nous pouvons racheter ces festivités pour fêter la bonne nouvelle du royaume dont Jésus est le Seigneur. Alors qu’il se trouvait sur Terre, Jésus a inauguré ce royaume inversé, où les derniers sont les premiers, où les pauvres sont bénis et où les gens sont invités à se joindre à la fête. En fin de compte, en cette période, nous fêtons le plus grand échange de cadeaux qui ait jamais existé : les richesses de Dieu ont été échangées contre notre pauvreté quand Dieu est devenu humain, de sorte que nous puissions vivre avec Dieu.

À propos de l'auteur : 

Hart Wiens a été directeur de la traduction biblique chez la Société biblique canadienne. Les nombreuses années d’expérience que possède M. Wiens dans le domaine de la traduction biblique sont reconnues au sein de la confrérie de l'Alliance biblique universelle et d’autres organismes bibliques, comme l'Association Wycliffe pour la traduction de la Bible et la Société internationale de linguistique. Il a rédigé des articles (en anglais) sur les principes de la traduction biblique, dont Scripture translation is a key Christian concept (la traduction des Écritures est un concept chrétien clé) et Translating the Gospel Series (traduire la série des évangiles).