La traduction de la Bible rapproche les Inuits de la Parole de Dieu

La traduction de la Bible rapproche les Inuits de la Parole de Dieu

Par Marites N. Sison
Rédactrice attitrée, Anglican Journal

En juin, les Inuits qui habitent la région est de l’Arctique et le Nord du Québec pourront finalement lire toute la Bible dans leur propre langue.

Bible Translation

Le directeur de la traduction biblique chez la SBC, M. Hart Wiens (à droite), en compagnie de l’évêque Benjamin Arreak, le coordonnateur de l’équipe de traduction en inuktitut.

Après 33 ans, une équipe de membres du clergé du diocèse anglican de l’Arctique a terminé la tâche monumentale de traduire la Bible en inuktitut, la langue des Inuits.

La Société biblique canadienne (SBC), qui va publier la Bible en inuktitut, a déjà transmis le dernier manuscrit à son bureau de traduction de Kitchener, en Ontario. Une cérémonie de consécration doit se tenir le 3 juin, ce qui coïncidera avec la dédicace de la nouvelle cathédrale St-Jude, à Iqaluit.

« En terminant le dernier livre, je me suis senti soulagé d’un fardeau », le coordonnateur de l’équipe de traduction, l’évêque (à la retraite) Benjamin Arreak a-t-il confié au Anglican Journal.

La Bible va constituer une source « d’inspiration » pour les 30 000 personnes qui parlent l’inuktitut au Canada, a-t-il dit. « Les gens vont pouvoir comprendre ce que les Saintes Écritures ont à leur dire. Dieu pourra ainsi leur parler individuellement. »

L’inuktitut est une langue officielle au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Nunavik et au Nunatsiavut. Il a existé comme langue orale durant des milliers d’années, jusqu’à ce que le rév. Edmund Peck, un prêtre anglican, introduise l’écriture syllabique, vers la fin du 19e siècle. Le rév. Peck a également élaboré l’écriture syllabique quant à la langue cri, en 1894.

L’initiative de la Bible en inuktitut fut une expérience d’apprentissage pour l’évêque Arreak et son équipe. Il décrit le défi qu’a posé la traduction de termes et de concepts anciens et du Moyen-Orient qui n’ont pas d’équivalents dans la langue et la culture des Inuits. Cela comprend des mots comme chameau et palmier. « Nous avons dû inclure des notes en bas de page et choisir des termes que la majorité des gens peuvent comprendre », a-t-il déclaré.

L’inuktitut représente aussi une gamme de dialectes qui peuvent varier d’une communauté à une autre, d’expliquer M. Harmut Wiens, le directeur de la traduction biblique chez la SBC. « Les habitants du Nunavik parlent un peu différemment de ceux du Nunavut ». L’équipe a donc dû adapter la traduction pour que le plus de gens possible puissent la comprendre.

L’évêque Arreak a déclaré que l’initiative a pris plus de trois décennies parce que les membres de l’équipe étaient des prêtres de paroisse à plein temps et qu’ils ne pouvaient y consacrer que deux ou trois semaines à la fois, tous les six mois. L’évêque Arreak a pu y travailler à temps complet une fois qu’il a pris sa retraite, en décembre 2010.

L’équipe a commencé par terminer la traduction du Nouveau Testament en inuktitut syllabique, que la SBC a publié en 1992. L’Ancien Testament renferme environ 77 pour 100 des mots de la Bible.

L’évêque Arreak dit espérer que chaque foyer inuit en vienne à posséder un exemplaire de la Bible en inuktitut. « La Parole de Dieu constitue le fondement de notre foi. Elle peut nous soutenir, nous inspirer et nous fortifier », a-t-il dit.

Publié avec la permission du Anglican Journal.