Condamné par le prophète

par M. Edesio Sánchez, conseiller en traduction dans la région des Amériques, de l'ABU

Dr Edesio Sánchez

Le cri étonné et jubilant de « Dieu parle ma langue ! » nous est familier, étant donné les innombrables lancements des Saintes Écritures qui ont eu lieu en de « nouvelles » langues. Cependant, pour l’homme du récit suivant, la réalisation est allée beaucoup plus loin : non seulement Dieu parlait sa langue, mais il avait quelque chose à lui dire tout de suite.

Durant toutes mes années passées à titre de conseiller en traduction, l’une des expériences les plus touchantes et les plus enrichissantes que j’aie vécues s’est produite alors que je tenais une séance de vérification en compagnie de l’équipe de traduction affectée à l’initiative de traduction en tzotzil, dans le Chiapas, au Mexique.

Comme beaucoup de mes collègues, nul doute, j’ai été témoin d’expériences et de témoignages de ce genre. Presque chaque fois, cela arrive quand des hommes et des femmes se trouvent confrontés à la Parole de Dieu dans leur propre langue, la langue de leur cœur, leur langue maternelle.

L’équipe traduisait la Bible au complet et, à cette étape particulière, vérifiait certains des livres historiques de l’Ancien Testament. Le mardi matin, juste avant notre pause-café, un des membres de l’équipe, qui n’avait ni traduit ni révisé 2 Samuel, lisait à haute voix le récit des péchés de David, aux chapitres 11 et 12.

Un malaise

Comme il arrivait à la fin du chapitre 11, j’ai remarqué qu’il semblait vraiment mal à l’aise. En arrivant à la fin de la parabole que Nathan racontait à David pour le condamner (2 Sam 12,1-7) et en s’entendant dire de sa propre voix : « Tu es cet homme-là ! », il n’en pouvait plus et il s’est mis à pleurer.

Il lui a fallu plusieurs minutes avant de pouvoir parler. Finalement, au milieu de larmes et de sanglots, il a réussi à dire : « Je suis exactement comme David ! Un pécheur, indigne du travail que j’effectue comme traducteur et réviseur ! »

Il a poursuivi : « Pendant des années, j’ai souvent lu et entendu ce récit, mais cette fois‑ci, en le lisant et en l’entendant dans ma propre langue, il m’est allé droit au cœur ; je dois reconnaître mes péchés et demander à Dieu de me pardonner. »

Nous avons alors cessé d’être une équipe de vérification et nous sommes devenus une église (Matthieu 18,20) ; nous avons prié pour cet homme, pour sa famille, pour son œuvre et, surtout, que Dieu lui pardonne et le restaure.

(Source : Alliance biblique universelle)