Des Bibles et des balles

Il y a deux ou trois ans, j’ai visité une petite église des Frères chrétiens, dans le Sud de l’Angleterre. Un soir, j’y ai assisté à une réunion de prière visant à appuyer la Société biblique (RU), laquelle recueillait du financement quant à la production et à la distribution de Bibles. J’ai alors demandé la permission de dire quelques mots, à titre d’aumônier de l’armée. Je leur ai montré un exemplaire de mon Nouveau Testament avec Psaumes des Forces armées canadiennes, en expliquant : « J’ai le privilège de remettre ces articles spéciaux à des soldats qu’on déploie. Après avoir interviewé mes militaires actifs, je leur demande s’ils ont reçu leur trousse spéciale et s’ils m’accordent l’honneur de prier pour les bénir. Je leur remets leur Bible pour les Forces canadiennes, en leur disant qu’ils tiennent entre leurs mains “de la lumière pour aujourd’hui et de l’espoir pour demain”. Je leur suggère, lorsqu’ils se trouveront dans des endroits ou des moments sombres et dangereux, de sortir leur Nouveau Testament de la poche de poitrine de leur uniforme et de jeter un coup d’œil à l’un des passages suggérés, à la fin. Je leur dis que Dieu n’a jamais conçu le N.T. avec Psaumes pour arrêter les balles – mais je comprends que ce dernier l’a déjà fait. »

Military with their pocket BiblesDe retour au domicile de certains amis, l’une d’entre eux, Doreen, a dit : « Vous avez mentionné ne jamais avoir vu une Bible trouée par une balle. Attendez un instant. » Elle m’a alors remis un N.T. avec Psaumes datant de la Seconde Guerre mondiale, troué par une petite balle. « Mon père courait à toute vitesse, en compagnie de son peloton d’infanterie. Les soldats dévalaient une pente herbeuse, en essuyant les tirs de l’ennemi, quand mon père a soudainement été projeté tête première contre le sol. Pensant d’abord que son compagnon l’avait intentionnellement poussé et fait trébucher, il a regardé autour pour lui dire que ce n’était pas le temps de jouer de sales tours. Mais il n’y avait personne près de lui. Plus tard, ce soir-là, alors que le peloton s’est terré dans une dénivellation sécuritaire, il a sorti sa Bible : elle était là, trouée, la balle toujours logée dedans. La force de la balle qui avait frappé son sac à dos l’avait poussé en avant et fait tomber. La Parole de Dieu lui avait sauvé la vie. »

Air Force with their pocket Bibles

De retour dans mon unité, la semaine suivante, j’ai vu un ancien sergent des Marines américains. Il visite mon unité toutes les deux semaines, y animant une réunion à l’intention de vétérans du Vietnam. Je lui ai parlé de mon voyage en Angleterre et de la Bible extraordinaire que j’avais tenue. Arborant un large sourire, il a glissé la main dans la poche supérieure de sa veste de vol pour en sortir un petit calepin et un N.T. avec Psaumes. « Regarde ! Voici le mien ! », en montrant le trou qui avait percé les deux livres. « J’apportais toujours les deux ensemble. Je le fais encore. Personne ne peut me dire que Dieu n’existe pas. Il m’a sauvé la vie au Vietnam ! »

En moins de quelques jours, un récit que je croyais n’être qu’une légende urbaine est devenu réalité, alors que j’avais tenu dans mes propres mains deux Bibles percées par balles. Je demande maintenant à mes soldats d’ouvrir le Livre et de le lire, avant qu’une balle ne menace de le percer.

Paul M. Beckingham
Aumônier de la brigade supérieure
39e Groupe-brigade du Canada
Vancouver (C.-B.)