La Parole à l’hôpital

Il y a plusieurs semaines, mon père a subi un arrêt cardiaque et a manqué d’oxygène pendant plusieurs minutes. Les ambulanciers paramédicaux ont toutefois réussi à le réanimer et ils l’ont amené à l’hôpital, où il est resté sept jours dans le coma. Nous, ses enfants, allions faire débrancher le respirateur, mais le septième jour, il a ouvert les yeux en semblant chercher quelque chose, autour de lui. Les médecins ont dit que c’était un réflexe, ce qui est peut-être vrai, mais n’étant pas familiarisés avec cet état de conscience, nous avons décidé de maintenir le respirateur juste au cas où ce serait un signe précurseur de son retour.

En tant que famille, nous allions tant bien que mal d’une décision à l’autre, parfois en prononçant des mots pleins de colère, et peut-être aurions-nous dû le laisser « partir ». Deux semaines plus tard, le personnel médical a réussi à le sevrer du respirateur (on lui avait fait subir une trachéotomie) et, la troisième semaine, on l’a déménagé dans une chambre pour deux personnes. Nous avons décidé de ne pas opter pour une chambre individuelle, croyant que la présence d’autres personnes lui serait bénéfique. Pendant deux semaines, il a alors eu pour compagnon de chambre Arnold, un ancien boxeur et camionneur âgé de 90 ans, qui avait vécu des périodes difficiles. Je demandais tous les jours à Arnold si je pouvais lire la Bible à papa, ce à quoi il répondait avec enthousiasme : « Oh ! Oui ! » Quand j’arrêtais, Arnold me demandait de continuer. Par moments, il semblait même réfléchir sérieusement ou prier.

Ensuite est venu Arthur, un homme âgé de 83 ans, qui s’est presque mis à pleurer en entendant le psaume 23 : il m’a dit ne pas l’avoir entendu depuis son enfance, mais se souvenir presque du psaume au complet.

On a ensuite envoyé papa chez un autre hôpital, pour fins de soins palliatifs et/ou prolongés. Son compagnon de chambre était cette fois-ci un Sri-Lankais que se mourait du cancer, qui toussait et/ou meuglait toutes les sept ou huit minutes. Cependant, quand je me suis mis à lire jusqu’à six ou huit chapitres à la fois, soit pendant plus de 40 minutes, cet homme était tranquille. Je l’ai mentionné à l’infirmière, qui m’a ensuite dit, quelques jours plus tard, que pendant la lecture, cet homme écoutait intensément et semblait même lever les mains en prière. Il était bouddhiste.

Papa est redevenu le point de mire, maintenant qu’on l’a de nouveau déménagé et qu’il n’a plus de compagnon de chambre. Nous avons lu tous les évangiles, Corinthiens, Romains, Éphésiens, les psaumes et Jean une deuxième fois. C’est comme une seconde nature pour mon père, qui passait tous les jours environ deux heures à lire la Bible. S’il comprend quelque chose, c’est cela. Bien qu’il n’ait pas d’activité cérébrale perceptible, il est manifestement conscient au niveau du cœur et de l’âme, de sorte que ce qui est absorbé, en bonne partie comme l’eucharistie, est la Parole de Dieu.

(Récit d’un visiteur de notre site. Pour nous faire part de la façon dont la Parole de Dieu a touché votre vie, veuillez écrire dans la boîte de commentaires ci-dessous ou à l’adresse de courriel info@biblesociety.ca.)